The punishment of desire is ….

Elle m’a dit qu’elle était perdue. Au début elle se méfiait, c’était trop beau …
Je lui dis toujours de se fier à ses premières impressions … Mais toujours, elle espère.
Si on lui montre un chemin pavé d’embûches et un autre chemin pavé de fleurs, même si elle sait que tout n’est qu’illusion et que l’enfer ressemble souvent beaucoup trop au paradis …. On lui a montré une nouvelle voie extrêmement plaisante. Trop.
Elle espère se tromper sur la nature des gens. Elle permet toujours aux autres de lui prouver qu’ils peuvent la rendre heureuse. Elle donne toujours une dernière chance. Et elle se donne beaucoup. Beaucoup trop.
Au début, elle va observer. Être timide, en retrait. Dire qu’il ne faut pas la faire sortir de sa timidité toute relative. Qu’elle a besoin de mesure, de cadres. Qu’il ne faut pas la faire sortir de ces derniers. Par pitié …
Elle sait qu’elle aime avoir mal. Se détruire. La destruction prouve que quelque chose a existé et a eu une importance. Elle se détruit pour se prouver qu’elle est là.
[ ... ]
La mesure et les cadres, seule elle-même peut se les imposer. Personne d’autre.
Non pas qu’elle envoie chier. Non, juste qu’elle n’a pas grand monde. Des gens autours d’elle, elle en a plein. Beaucoup trop. Mais des gens constructifs ? Des gens qui ne sont pas comme elle ? Des gens qui ne se détruisent pas eux même à grands coups de drogues, d’alcool, de médicaments, d’étourdissements en tous genres ? Des gens qui ne s’enferment pas dans un autisme particulier et sous n’importe quelle forme ? Des gens dans leur bulle qui disent pourtant être en dehors de celle-ci, être » open-minded » ?
C’est comme rester dans une éternelle cuite et envoyer chier le monde réel… C’est fuir. Soit on décide de rester dedans en croyant qu’on prend la fameuse pilule bleue… Parce qu’on croit qu’elle existe cette fameuse pilule, que c’est le monde qui est une vaste illusion. On croit qu’on est fort … Ouais on sait où se trouve la vérité, on est cool et whatever.
Au final c’est être super lâche.
Elle part en couilles. Elle n’ose même plus dire la vérité et appeler à l’aide tellement elle part en couilles. elle commence à mentir à ses intimes, ne répond plus au téléphone à ceux qui l’aiment et qui tiennent à elle parce qu’elle a honte de ses actes . Elle a honte d’assumer sa destruction.
[ ... ]
Elle m’a dit qu’elle marchait en pleurant ce matin, mais que – chut- faut pas le dire. C’est pathétique.
Elle pleurait parce qu’elle déconne et qu’elle le sait. C’est pour cela qu’elle est venue me voir.
Elle me dit qu’elle a besoin d’être aimée. Qu’on la cajole. Qu’on la protège tout simplement … Elle voudrait savoir quelle est la voie a suivre. Réellement. Ces chemins face à elle. Elle voudrait qu’on lui dise lequel choisir. Lequel prendre… Elle voudrait arrêter de jouer un rôle. De faire croire que … Même si le lendemain elle est fière de jouer avec son image. En fait, c’est cela….
Je crois surtout qu’elle fait une descente. Une descente vers la réalité.
La comédienne a tombé le masque. Elle me l’a avouée. Elle aime ce qui fut une illusion. L’illusion de quelqu’un, d’un fantôme qui pourrait être là … Pour finalement se rendre compte que ce n’est qu’une modeste illusion. Une illusion. Ça fait mal.
« The punishment of desire is the agony of unfulfilment «





