7th 06 - 2009 | 3 comments »

Effervescing Elephant / Syd Barrett

Syd Barrett a écrit cette chanson vers ses 16 ou 17 ans. Les chansons de Barrett doivent beaucoup à la comptine ; mais c’est sa façon de modeler la structure de la chanson par rapport à la longueur des paroles (Bike), son traitement inédit de la cassure harmonique, sa maîtrise du chaos (Apples and Oranges, qui semble toujours au bord de la décomposition mais tient bon), et son chant grave voire rocailleux, très juste mais aux airs de faux amateur, qui oscille entre le parlé et le chanté, se perdant parfois dans les aigus (comme celle-ci) qui rendent son ton intriguant. Il est aussi très doué pour les jeux sur les mots et la provocation dans le ton au service d’atmosphères mélodiques riches et complexes, mais paradoxalement des mélodies simples, dans le sens qu’elles vont droit au but, devenant entêtantes, parfaitement reconnaissables et ciselées telles qu’on les connaît par cœur : c’est semble-t-il une des raisons de l’adulation dont il fait preuve dans les milieux rock.

Une de mes préférée, pleine d’humour et d’ironie …

An Effervescing Elephant
Un éléphant effervescent,
With tiny eyes and great big trunk
Pourvu de petits yeux et d’une énorme trompe
Once whispered to the tiny ear
Un jour chuchota à la petite oreille
The ear of one inferior
L’oreille d’un inférieur
That by next June he’d die, oh yeah !
Que d’ici le prochain mois de Juin il mourrait, oh yeah !
Because the tiger would roam.
Parce que le tigre rôderait.
The little one said : « Oh my goodness I must stay at home !
Le petit animal dit : « Oh mon dieu je dois rester chez moi !
And every time I hear a growl
Et chaque fois que j’entendrai un grondement
I’ll know the tiger’s on the prowl
Je saurai que le tigre rôde
And I’ll be really safe, you know
Et je serai en sécurité tu sais
The elephant he told me so.  »
C’est ce que m’a dit l’éléphant. « 
Everyone was nervy, oh yeah !
Tout le monde était nerveux, oh yeah !
And the message was spread
Et le message se répandit
To zebra, mongoose, and the dirty hippopotamus
Jusqu’au zèbre, à la mangouste et au sale hippopotame
Who wallowed in the mud and chewed
Qui se vautrait dans la boue et mâchait
His spicy hippo-plankton food
Son plancton épicé
And tended to ignore the word
Il eut tendence à ignorer la chose
Preferring to survey a herd
Préférant inspecter un troupeau
Of stupid water bison, oh yeah !
De stupides bisons d’eau, oh yeah !
And all the jungle took fright,
Et toute la jungle prit peur
And ran around for all the day and the night
Et courut en tout sens de jour comme de nuit
But all in vain, because, you see,
Mais en vain, car voyez-vous,
The tiger came and said : « Who me ? !
Le tigre vint et dit : « Qui moi ? !
You know, I wouldn’t hurt not one of you.
Vous savez que je ne ferais de mal à aucun d’entre vous,
I’d much prefer something to chew
Je préférerais bien mieux quelque chose à mâcher
And you’re all too scant.  » oh yeah !
Et vous êtes tous trop maigres.  » oh yeah !
He ate the Elephant
Il mangea l’éléphant.


7th 06 - 2009 | 1 comment »

Aphorismos αφοριζειν #5

[ A Belleville vers 22h30 devant un bar des kékés dans une bagnolle ]

Wesh mais c’est quoi ces [ grosses ] fesses là !
Des fesses pas pour toi mon gars ….

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7th 06 - 2009 | 1 comment »

De l'Ecriture

Avant tout, un geste, quelque chose de physique, la traduction matérielle d’une pensée.
Une expérience : cette pensée préalable n’est pas forcément la même que celle qui renaîtra du produit de ce geste : l’écriture.
En passant par le corps, la main, le corps de la langue, les lettres, les mots, leur grammaire, la pensée s’épaissit, s’affine, se transforme, devient vivante.
L’écriture est une rencontre avec soi-même, ce je qui est un autre, et avec ces autres qui me donnent existence.

Écrire, c’est être accompagné sur ce chemin de solitude qu’est aussi l’écriture.

Le premier temps fort, est donc celui de l’écriture dans laquelle chacun s’immerge.
Le deuxième temps fort suit immédiatement l’écriture : c’est celui de la lecture. C’est alors que le texte prend son sens, ses sens… Il se révèle dans la lumière de l’écoute, première lecture souvent même pour celui qui l’a écrit et qui le découvre dans la nudité de son être propre.
Chaque texte fait donc l’objet d’une écoute attentive. Cette attention, la qualité de silence qui accompagne la lecture, mieux que tout commentaire, peut suffire à donner au texte l’espace de son déploiement. Mais le plus souvent il est bon d’énoncer les commentaires, critiques, appréciations, questions que soulèvent les textes.

Je crois que tout écriture crée un objet, plus ou moins chargé de  » réalité intérieure « , ordonné selon une vision qu’elle nourrit autant qu’elle en est nourrie. Et que c’est à entrer dans cette vision par la lecture, donc dans cette  » réalité intérieure « , que le noyau de solitude dans lequel chacun est enfermé se brise, libérant une charge d’énergie fantastique.

Toute écriture se confronte donc à la résistance d’un réel qui lui est extérieur. Et c’est par le retour qu’enfin elle existe, simplement, que le geste d’écrire débouche sur une création, cette recréation que le monde attend des hommes, par leurs rêves et leur art.

Il nous reste à conclure avec le poète que :  » Nul ne sait ce qu’est écrire « .
Une expérience différente et unique pour chacun. Pas plus que l’amour, l’écriture ne peut se résoudre en un savoir transmissible. Comme l’amour, elle peut, elle ne peut que se partager, avec quelqu’un d’autre : Celui qui vous lira.


Stop It Now


 

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

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