8th 06 - 2009 | 7 comments »

De la Maternité

Dimanche, fête des mères.
Je déteste ce jour, tout comme je déteste Noël, le jour de l’an, mon anniversaire …. Il n’y a que la Toussaint qui trouve grâce à mes yeux.
Et encore …
J’ai passé mon dimanche à vivre la dualité de toute mon enfance.
L’amour … Et la haine.
Elle fut le premier amour de ma vie, mais aussi ma première haine.

Bien entendu, dimanche, je ne partageais pas mes états d’âmes avec qui que ce soit, c’est bien trop compliqué d’expliquer… Expliquer que ma mère est tombée enceinte de moi dans le dos de mon père … Expliquer qu’elle l’a fait égoistement … Expliquer sans ciller  que je souhaiterai que ma génitrice crève au plus vite, histoire de ne plus jamais devoir me retrouver face à ces moments … Ces moments où je m’avoue que même la plus grosse des brutes du monde va faire un bisou à sa mère et que j’agis comme une idiote.

Elle m’a formatée dès ma naissance en provoquant un certain nombre de traumatismes qui encore aujourd’hui m’empêche de vivre comme tout le monde. Je suis obligée de toujours observer, analyser mes réactions parce que je sais que je suis programmée pour penser et agir ainsi. Parce que je sais que mes réflexes viennent de ce que j’ai vécu auparavant et qu’il faut que je m’en méfies atrocement.  Il faut aussi que je temporise énormément mon exubérance et ma manière d’être avec autrui… Ce que j’oublie parfois de faire ce qui me fais passer pour une parfaite petite chaudasse vu que je suis toujours sur le principe de séduction face à l’inconnu …

[ ... ]

Des explications sur ces rouages psychologiques, on me les a donné, je les ai trouvé, j’en trouve encore aujourd’hui et j’en trouverai encore demain à force d’observer les autres et moi-même…
Je cherche la stabilité et suis prête à accepter les pires monstruosités qui puissent parce que j’avais une mère instable. Je suis toujours dans la séduction sous n’importe quelle forme parce qu’ainsi ma génitrice était fière de moi face à ses  » amis ». Je me sens toujours coupable du malheur des autres et pense pouvoir enlever la douleur parce que j’étais le centre du monde …
Pire encore , je suis attirée par les personnes qui se détruisent et qui peuvent, à plus ou moins long terme, me détruire aussi …
Je trouve la douleur sexy et la « norme-normalité » me fous la gerbe…

Tout vient de là :  Des douches froides et des brûlures de clopes quand je pleurais trop fort.  » Sur cette Terre il n’y a que deux choses ma fille : l’argent et le cul »  » Méfies-toi des Hommes, ce sont des connards »  » Le jour où tu pisseras le sang, tu devras me le dire, manquerait plus que tu fasses des conneries »  » Trop bonne, trop conne »  » Magouille et compagnie »  » Tu es comme ton père, tu es une fille indigne  » …

Ainsi…
Pendant des années j’ai cru être un homme, je pensais n’aimer que les femmes…  Pour finalement avoir eu la chance de croiser des gens magnifiques que j’ai peut-être perdus de vue mais qui restent dans mon coeur. Qui m’ont faite comprendre que je n’avais pas à avoir honte d’exister et de gueuler. Que je pouvais même être super chiante mais que cela avait son charme …

Aujourd’hui, je pense ne pas être guérie. Je ne le serais sans doute jamais. Aujourd’hui , après plus de dix ans sans réellement lui avoir parlé … Certaines choses, des cauchemards, des insomnies… Des souvenirs … Des nuits entières à écouter sa haine et son désespoir parce que je suis la fille de celui qui ne l’aimait pas assez selon elle.
Des nuits entières à l’écouter maudire le monde.

[... ]

Aujourd’hui, quand je pense à ma mère, c’est moi-même que je vois.

[ ... ]

Je pourrais continuer à écrire et développer le sujet sur la naissance,  comprendre ce qu’il se passe en soi quand on apprend qu’on est enceinte, de choisir le prénom de cet enfant, de l’annoncer à son père et de comprendre … Comprendre… Comprendre …
La nature du père mais aussi sa propre nature.

Comprendre qu’un enfant, ce n’est pas un objet ni le symbole de soi-même mais une vie à part entière… C’est quelque chose de merveilleux entre deux personnes, de sorte que c’est se tromper quand on pense que donner la vie changera quoi que ce soit à la situation actuelle.
C’est lourdement se tromper de croire que faire un enfant permet de tourner la page sur quelque chose que l’on ne sait pas régler soi-même.

Je me tais très précautionneusement quand je croise des gens qui font des enfants comme ça, parce que faut le faire, parce que c’est ainsi, la finalité d’une vie, d’une apparence sociale… On prend un partenaire, le moins pire de tous et on fait avec… Advienne que pourra.
Quand je croise des histoires difficiles,  je ne dis rien mais je n’en pense pas moins :

Je ne pense pas qu’un enfant apporte le bonheur.
C’est le bonheur qui devrait venir déposer et entourer un enfant.
Ou alors c’est de l’esclavage émotionnel parental…

Oui, je suis une grosse catho intégriste.
Et je vous emmerde.

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8th 06 - 2009 | 4 comments »

Des Ecrivains

Laissez moi vous raconter une histoire.
Elle se promène. Il l’arrête.
Laissez-moi dire encore.

Ce sont deux rêveurs. Ils ont décidé. Sans le savoir…Vraiment.
Ce Monde est fou.

Cette rencontre laissera des traces j’en suis certaine.
Il est des histoires qui ont existé  et qui existeront sans doute. Vides.
Ce n’est pas péjoratif le vide.
Le vide, c’est en devenir; comment ?…
En avoir peur…

De l’inconnu, il faut savoir quoi en faire, c’est pour ça la peur.
Laissez-moi affirmer, cette rencontre sème le doute. Pas la peur.
Ne jamais croire que le doute est effrayant au contraire, il transforme, secoue.
N’est-ce donc pas beau d’être ébranlé dans ses certitudes ?
Oui, ça fait mal …Le doute.

Elle ne mène pas à l’inconnu écoutez-moi toujours, elle mène ailleurs cette rencontre.
Ne parlons point de sentiment.
Les sentiments sont pour les autres.
Eux, ils écrivent.
Il faut se faire lire tout le temps, tous les jours si on veut vivre à nouveau.L’écrivain est un vampire qui renaît grâce au lecteur.

Cette rencontre disais-je laissera des traces, il ne faut pas ébranler les certitudes de deux démons qui rêvent.
Les démons n’ont jamais peur….
Ils font peur.

[ ... ]

Ce sont eux le néant.

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Stop It Now


 

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

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