19th 06 - 2009 | 3 comments »

Hurt

- Dis, tu fais quoi là ?
- Rien. Je gobe des anxios avec de la vodka.
- Pourquoi ?
- Parce que je suis triste ce soir. Je me replie. Je crois que je plonge là, maintenant. Je me roule dans le stupre. C’est cool. Le stupre.
- T’es conne.
- Je sais. Je le dis à tout le monde. J’ai voulu crever tôt. Je me demande ce que je fous encore ici.

- Tu devrais pas faire ça. Surtout qu’on te lit. Après tu t’étonnes qu’on pense que tu es folle.
- Je le suis.

 » I hurt myself today …  « 

[ ... ]

- Hé dieu, si j’eusse étudier au temps de ma jeunesse folle … Tout ça. C’est marrant. Je connais la nature de l’Homme. La vraie. Un aspect consummériste. Arrive toujours le moment où les gens ont ce qu’ils souhaitent avoir. Your body, your name, your soul.

- Tu dis n’importe quoi là.
- Ouais, et je t’emmerde. Moi aussi je suis je m’en foutiste. Si tu as peur de moi, casse toi. Babeth, tu l’aimes ou tu la quittes.
- Tu crois qu’on t’aime en ce moment ?
- Chai pas.  On aime un body, une image. Pas moi. Et là, je la nique mon image motherfucker.
- Tu devrais pas.
- M’en branle mon ami. Je vois pas pourquoi je peux pas me niquer moi-même.
- On ne peut pas t’aimer. Regarde-toi, tu te respectes pas.
- Mouarf, le respect, il se place là où ça arrange tu sais.
- T’es vraiment conne.
- Je sais.

[ ... ]

- Tu as déjà entendu causer de la pantomime des gueux ?
- Le truc sur le Comédien de Diderot ?
- Ouais. C’est tout à fait ça . l’Homme. Il ne peut pas aimer. Il aime une pièce de théâtre, un show. L’Homme est un public. Si tu lui files pas ce qu’il attend de toi – n’importe quoi, il est capable de se trouver ses besoins, voir de se les créer ce con – il se casse. Si tu as le malheur de ne pas te montrer maquillé et en costume, il quitte la salle. Si tu as le malheur de le mettre face à ses propres défauts et paradoxe, il se casse. c’est dengereux de se foutre à poil. Surtout en public.
- Je crois que tu ferai mieux de lâcher le clavier et d’aller te coucher. Tu racontes  n’importe quoi.
- Non je ne dis pas n’importe quoi. Je lance un coup de gueule. Je me fous à poils. Ranapété.
- Tu sais que tu vas finir seule ?
- Et alors ? je suis sortie de la chatte de ma mère à poil et toute seule. Y a même eu un connard qui m’a souhaité le welcome en me faisant chialer. Le connard.
- Tu veux mourir ?
- Je sais pas. J’aime la vie. Mais en même temps …

- Appelle ton père … Appelle quelqu’un. Reste pas seule.

[ ... ]

- C’est bien des fois d’être seule. Des fois je regrette de l’être. Ha ca y est, je vais mieux. Chui défoncée.
- Tu m’étonnes. Combien ?
- Trois à 25 mg. Je m’enfile le quatrième bouge pas.
- Les bons comptes …
- Dis … Je me sens moche, inutile. Triste. Vide.
- Toi t’es amoureuse.
- Va te faire foutre.
- Tu morfles hein? Femme libérée, donneuse de moral, je vole par opinion politique, je suis belle, intelligente, indépendante … Grande gueule, t’aimes rien sauf  le cul, tu t’accroches à personne, tu contrôle les autres, tu te dis perverse … Tu crontrôles rien hein ? Tu dis tu contrôles mais que dalle. Pauvre conne. Tu te fous à poil tu dis que c’est coup de gueule, mais c’est juste que tu morfles. T’es comme ces cons qui se suicident dans le métro. Tu veux faire chier ton monde pour qu’on prête attention à toi… Mais t’es naze cocotte.
- Ta gueule. Ferme ta gueule.
- Mouahhahahaha, tu souffres hein ?

[ ... ]

- Tu te souviens le concert d’Iggy Pop ?
- Ouais.
- T’étais chaude. T’es allée devant tout le monde fringuée comme une pute. Ça t’as servit de leçon au moins ?
- Même pas. Je recommence à être rock’n'roll. Je devrais pas.
- Pourquoi ?
- Parce que tu provoques des choses, tu es provocante. Tu attires, tu donnes le désir, tu provoques des émotions. Tu dis fuck yourself. Pour éviter de te dire à toi-même Fuck yourself.
- Et ?
- Bah à force, tu te fais fuck by themself. Enfin moi en tout cas.
- Vas y sers toi un autre verre de vodka, tu deviens intéressante bichette.

[ ... ]

- Mon Dieu. Chui à poil devant tout le monde là.
- C’est pas grave. Demain tu diras que tu as inventé. C’est ça la place de l’artiste. Il joue avec la réalité. Mais on ne sait jamais la vérité….


19th 06 - 2009 | no comment »

How to : Bollywood Toxic



19th 06 - 2009 | 1 comment »

Là, la cocotte minute explose

AdjaniAvec mon oncle, nous avons toujours eu une relation très particulière.
Mon oncle, c’est le frère de ma mère. Il est à moitié vietnamien et à moitié chinois… Pour être plus concise, je devrais même plutôt dire que c’est le « demi-frère  » de ma mère. C’est par hasard que j’ai appris qu’ils n’avaient pas eu le même père au pays.

Ma grand-mère maternelle, je l’ai connu pendant près de 10 ans. Ma grand-mère, Chin Mui, faisait partie de cette génération d’immigrés, qui ne savait pas écrire ni correctement parler le français. Elle gardait un amour inconditionnel de la Vache qui rit – signe de richesse dans l’ancienne colonie française – et jouait énormément aux jeux. Je me souviens de nos promenades quand j’étais petite dans les parcs. Toujours avant, elle m’emmenait jouer au tiercé dans les salles enfumées des fumeurs de gitanes, avec sa petite tête et son fichu sur la tête.
C’était une femme fragilisée par la guerre, séparée de ses frères et soeurs , famille … Partout dans le monde.  Elle a grandie dans un petit village dans les montagnes à la frontière chinoise au nord Viêt Nam, un endroit magnifique où je suis allée pour son enterrement. Elle avait eu la chance – ou la malchance – de faire partie d’une famille propriétaire terrienne très respectée et a du voir des membres de sa famille tués en exemple par l’armée populaire vietnamienne.
Je me demande comment elle aurait vécu mon petit passage à vide anarcho-communiste si elle avait été vivante. Je l’avais vu pleurer devant Robert Hue aux infos. Je ne comprenais pas comment elle pouvait avoir peur d’un type qu’on caricaturait en nain de jardin aux Guignols de l’info.
Elle était très loin d’être pafaite, mais par respect pour son âme, je ne dépeindrais pas une peinture négative de sa personne. C’est seulement aujourd’hui, que je commence un peu à comprendre ce qu’elle a du vivre.

Pendant près de 10 ans, j’ai donc grandie avec ma mère, mon oncle et ma grand-mère dans une Citée militaire de la banlieue. Réfugiée politique,  Chin Mui a travaillé dans l’armée française.
Ma mère et ma grand-mère ne s’entendaient pas. Trop de rancoeurs, de nons-dits, de jalousie. [ Je ne vais pas développer le sujet de ma daronne, une autre fois peut-être. ]
Je me souviens de grosses crises en vietnamien entre elles, et des planques dans ma chambre avec mon tonton et son walkman.

[ ... ]

Mon tonton, il a été mon père de substitut.
Nous avions 18 ans de différence d’âge et il était venu vivre une année chez mon père et ma mère. Il me connaissait bien et devait se rendre compte que mon univers quotidien de gamine eurasienne qui a vu ses parent lui annoncer qu’ils divorçaient le jour de mes quatre ans – face à mon putain de gâteau au chocolat, mon père à gauche, ma mère à droite, même que ça troue le cul de mon daron quand je lui donne les détails - ça devait pas être drôle.
Il devait aussi se rendre compte que je ne me sentais ni française, ni vietnamienne. Lui aussi d’ailleurs, étant arrivé en France adolescent, devait quasimment ressentir la même chose que moi. Il faisait la fête avec ses potes, faisait au taquet de sport, et m’emmenait avec lui aux compétitions qu’il faisait.
Il est même venu le jour où j’ai terminé seconde au judo et troisième au ping pong. Alors que mon propre père était pas là, ni ma mère.
Oui, on peut dire que j’ai fais mon oedipe sur lui. Il n’était pas parfait, très loin de là, mais il m’emmenait loin de mon univers glauque.

Est arrivé le moment où il a rencontré sa copine de l’époque et est parti de la maison. De suite, c’était moins rigolo. Il venait quand même souvent nous voir, tant que ma grand-mère était vivante. Quand celle-ci fut morte, il continuait de venir nous voir, ma mère et moi.
Je venais d’atteindre l’âge de raison comme on dit. C’est là que j’ai commencé à rendre les coups de ma mère et à lui dire exactement les même choses qu’elle. On se foutait sur la gueule. Réellement. Et mon oncle savait tout. Depuis longtemps.
Un soir, je lui avais laissé un message sur son répondeur, en véritable crise de nerf, disant que j’allais faire une connerie, ou quelque chose dans ce style.
Ce fut enfin ce jour là qu’il a pigé que ça allait finir en crime passionnel.
C’est lui qui m’a dit de bouger chez mon père. S’il n’avait pas été là, s’il n’avait rien dit, je pense réellement que j’aurai planté un couteau dans le coeur de ma mère pendant son sommeil.

[ ... ]

Les années sont passées.
J’ai toujours cette chape de plombs sur l’histoire de ma famille – ou mes familles même pouvons-nous dire.
J’ai terminé de grandir avec mon père en suivant diverses psychothérapies / hospitalisations / Défonces de gueule/ Acceptation-refus. Lui aussi il est pas parfait. Pire encore, il a récupéré l’enfant sauvage que je suis devenue à force de me prendre des coups.
Il a mal réagit, peut-être, à une certaine époque. Avec le temps, je me construis, ou plutôt reconstruis. On a dignostiqué de la dysthymie. Aujourd’hui, je suis toujours sous traitement et vais faire rire mon psy à causer de mes trépidantes aventures actuelles.
Bien souvent, quand je rencontre quelqu’un avec qui j’entretiens un rapport de confiance, je ne cache pas que je suis malade et que j’ai des cocktails de cachetons à prendre sous peine de devenir insomniaque et de souffrir de mes montagnes de ressenties. On y croit pas.
Quand je suis heureuse, ça se voit. Quand je suis triste, putain, ça se voit aussi. Et je peux vraiment être très très très triste. Et je me planque.

[ ... ]

Well. Je ne sais même pas pourquoi j’ai écris tout ça. Je voulais juste dire que mon oncle m’a téléphonée comme d’habitude, tous les 6 mois.
Parce qu’avec les années, son mariage avec sa femme que j’adore, ses enfants, son pavillon en banlieue et ses barbecues avec ses potes, il est devenu l’ Omer Simpson bridé.
Et moi, j’aime pas voir mon Bruce Lee tonton adoré devenir beauf.

Je garde quand même contact, et hier on a parlé plus que d’habitude. Il a encore du mal a accepter que sa nièce a une vie sexuelle, ce qui m’amuse follement. Ne pas lui parler des homos. Toussa.
Puis il me l’annonce. Normal. Il savait pas comment entamer le sujet.
Il y a eu un décès dans la famille de sa femme. Sa grand-mère, que je connaissais bien. Elle perdait la boule, mais je la trouvais drôle. Une tatie Danielle un peu en force, mais en moins perverse. Il y avait un moment où je la voyais beaucoup. Puis la vie a fait …
Bref.
Ils l’ont cramé et foutu dans une urne viteuf.
Et on m’a rien dit. On a pas considéré que j’aimais cette femme, même si c’était pas ma vraie famille. Je trouve cette attitude conne.

[ ... ]

Ce matin, dans le métro, j’envoyais ce texto à mon oncle :

« Même si je lui parle plus tant qu’elle ne se fera pas soigner, si un jour ma mère a un accident tu m’appelles de suite. Pas la peine de te dire que je m’en fous, je m’en fous pas. J’attends juste d’être très stable et entourée avant de retourner la voir. Bonne journée. »

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

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