[...] Car la liberté est un très lourd fardeau à porter….

 

Le calme revenu, lorsque je me suis relevée, j’ai regardé autour de moi, j’ai regardé ce que j’avais sauvé… Peu de dégâts, tout semblait être en place. Juste que mes mains portaient elles des meurtrissures de l’effort fourni, de ces meurtrissures une douleur atroce, une douleur sur lesquelles on pleure des jours, des nuits… Une douleur par laquelle des mots se bousculent dans la tête, des souvenirs qui refont surface…
Puis elles finissent par s’estomper. Mais les marques elles, elles restent, comme pour vous rappeler que vous avez failli vous retrouver dans les méandres. Alors là oui on se pose de vraies questions. On se pose l’ultime question: Qu’ai-je fais de ma vie? On tente comme on peut d’y répondre, on essaie de se convaincre que l’on a fait de merveilleuse choses… Oui, j’avais construit et aimais … Mais encore? Que serais-je devenue si la terre s’était ensevelie sur ceux que j’aime ? On hésite, on se réconforte… Non! Rien ne pourrait leur arriver, on se battrait pour eux. Et si vous n’y arrivez pas?… Comment ça ne pas y arriver ! C’est que je ferais, pour eux je ne ferai n’importe quoi… Quitte à donner ma vie !

Au son de cette réponse vous réalisez sa dangerosité… Vous réalisez le vide de votre vie. Sans votre amour des autres vous n’êtes RIEN… Rien c’est peut-être fort, mais il vous apparaît que vous n’existez que par eux. Et si eux venait à se perdre, vous vous perdrez avec eux.

C’est alors qu’un sentiment de peur vous envahit, cette peur qui confirme que VOUS n’existez pas sinon qu’au travers des autres.

Indéniablement, aussi triste que cela puisse être il semblait que je n’avais fait grand-chose de ma vie, l’espiègle jeune fille que j’étais, la raide dingue de l’élégance, de la finesse, la curieuse née, celle qui rêvait de parcourir le monde, de don de soi, celle qui voulait manager de grand projet c’était oublié pour l’amour des autres. Sans eux n’était rien. Était–ce cela le bonheur?

Je ne pense pas, je ne pense pas que le bonheur passe exclusivement par la projection du bonheur des autres, je ne pense pas du fait que les miens soient heureux font de moi une personne heureuse, car dans le fond, ma vie ne devient que sacrifice, je veille, je prends soin, je fais…Une attitude néfaste qui au fil du temps peut détruire les personnes qu’on aime tant, oui car inconsciemment on tente de les maintenir dans une position de dépendance, on souhaite être leur point (et non repère) d’attache… Jonglant avec la longueur de la (liberté) corde qu’on leur octroie…

Le miroir à un pouvoir extraordinaire sur l’être humain, placez-vous y devant et regardez la personne que vous êtes, soit vous sourirez parce que vous aimez cet être là, soit vous pleurez parce que vous ne reconnaissez plus la personne qui est face à vous. Dans ces moments là il existe deux possibilités voire plusieurs… La première, vous refusez de voir et quittez la pièce… La seconde, vous refusez de ne plus être vous et acceptiez avec de vous retrouver. Peu importe comment cela se fait, ni le temps que cela peut prendre, mais lorsque vous commencez à être vous, à être acteur de votre vie…

Vous vous sentez perdus.
Car la liberté est un très lourd fardeau à porter.
Et que vous ne savez plus qui vous êtes…. Sans les autres.

  • Charles-Marie spoke:
    3rd/07/2009 to 17 h 37 min

    Oui, c’est l’idée.

    « L’enfer, c’est les autres » ou inversement « les autres c’est le paradis ».

    Dans les deux cas l’homme est être de relations.

    « Je vis de frontières, d’échanges et d’emprunts » (Ricoeur).

    Et si les frontières sont étroites, trop fermées ou trop lâches, si les échanges sont malhonnêtes et biaisés, si les emprunts sont inexistants ou décriés comme du vol…on est très vite dans l’enfer et non plus dans le paradis.

    Il faut vraiment être dissocié ou être ermite pour être indépendant de cette relation sociale.

  • Divine_Naive spoke:
    4th/07/2009 to 10 h 49 min

    Je n’ai jamais su mesurer la bonne distance
    Je suis loin de savoir parler en toutes circonstances
    Je me refuse à répéter les phrases
    Les phrases dénuées de sens, qui gâchent les silences

    Je voudrais tant communiquer
    Avec aisance
    Ce que je pense
    Même si c’est sans importance…

  • gccoymuu spoke:
    1st/02/2010 to 21 h 38 min

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

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