Un soir, parmi tant d’autres. Un soir où je m’oblige à retrouver ma solitude mais celle qui fait que j’existe encore : écrire, toujours écrire.
Je n’arrive plus à manger. C’est ainsi que vont les choses, je perds du poids et cela doit commencer à se voir.
J’hésite …Là maintenant.
Donne l’adresse de cet espace à mon australienne ? Ou alors non, juste rester dans une relation orale en anglais avec elle. Je ne vais pas me plaindre de me faire psychanalyser en anglais, cela me permet de continuer à pratiquer ce deuxième langage.
L’anglais, c’est des émotions, c’est le langage de la musique et des chansons qui expriment la rage, mais aussi la tristesse, l’amour, la haine, le blues …
Oui, l’anglais est la langue de mon âme. Le français est celle de l’écriture, simplement.
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Aujourd’hui, j’ai passé une dure journée au travail. Mon nouveau chef est quelqu’un de bien mais d’un peu sec qui m’a sorti un vague truc en rapport avec ma santé et donc, la rupture que je suis en train de vivre. Rupture, abandon … Des choses qui me sont devenus une habitude. Si je vis une rupture en ce moment, c’est uniquement parce que celui que j’aime ne souhaite pas me faire confiance. Il souhaiterai que nous restions amis et complices, mais moi, j’ai beaucoup de mal à rester amie avec quelqu’un que j’aime d’un autre amour que celui de l’amitié.
Qui est le dernier homme de ma vie ?
Celui qui a fait de moi celle que je suis devenue aujourd’hui. Celle qui reprends confiance et espérance dans son travail. Je m’investis beaucoup dans mon nouveau travail parce que j’aime l’idéal de ma boîte : l’open source. Pour certains d’entre-vous, vous ne devez même pas savoir ce que c’est, alors restons évasive et disons que je bosse avec des geeks informaticiens qui sont pour le logiciel libre.
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Je me cache à nouveau pour que ces derniers ne lisent pas ce qu’est ma vre ni où j’étais pendant ma semaine d’arrêt maladie. J’espère que les gens avec qui je bossent ne voient pas à quel point je ne mange plus. Je n’arrive plus à manger, ne bois que du café pour tenir la route avec le traitement que l’on me donne. Oui, je suis totalement sous une ouate psychotrope. Je le dis ici. J’ai beaucoup de mal à le dire dans ma vraie vie, alors je l’écris ici.
En parlant de traitement, j’espère que j’aurai assez pour tenir jusqu’au prochain rdv avec mon dealer professionnel : traduction : la psychiatre qui doit me voir le deux octobre au matin pour me refiler une ordonnance. En tout et pour tout, cela durera même pas une demie-heure par mois, gratuitement, contre une bonne heure par semaine contre cinquante euros avec ma psychanalyste australienne.
La santé coûte chère quand on veut véritablement aller bien, n’est-ce pas ?
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Dance me to your beauty with a burning violin
Dance me through the panic ’til I’m gathered safely in
Lift me like an olive branch and be my homeward dove …
J’ai su écrire à une époque.
Je commençai à écrire vers 6 ans, ma première lettre était pour Dieu.
Pourquoi Dieu ? Parce que je me posais beaucoup trop de questions et que je n’avais aucune réponse. J’apprenais le catéchisme en douce grâce à une amie, et priais pour lui, pour qu’il fasse quelque chose pour moi. Mais rien ne se passait. Je recevais toujours autant de maltraitance psychologique malgré mes prières. Alors, j’ai peu à peu commencé à ma détourner de lui et voir même, l’insulter.
Aujourd’hui, je crois que j’essaye de faire la paix avec lui, mais ceci est une autre histoire.
Quant à l’écriture …
J’ai toujours cru que l’écriture ne me quitterai jamais. Tout comme Marguerite Duras. Or, je me rends compte que si, l’écriture peut partir si je n’y fais pas attention. Si moi, je l’abandonne, alors elle part. Et c’est difficile de la retrouver. Même si je l’aime, je dois lui montrer chaque jour ma passion pour elle.
J’ai du mal en ce moment, je suis sous une ouate psychotrope dont j’ai honte. Beaucoup de médicaments à prendre…Beaucoup. Je vis, mais ne ressens plus. Est-ce donc cette vie là que je souhaite ?
Je ne sais pas.
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Ho si, je sais quelle vie je voudrais avoir. Aller au travail, rentrer chez moi le soir voir mon homme et mes enfants, puis les coucher le soir venu. Mais ça, je n’y ai pas droit. Je ne suis pas encore assez rassurante, je ne prouve pas encore assez- peut-être – que je suis quelqu’un qui vaut la peine que l’on s’investisse pour moi. Que l’on peut me faire confiance.
Je suis toujours une femme-enfant…Malgré moi.
Laissez moi vous raconter l’histoire d’une petite fille qui a vécu des choses qu’elle n’aurait pas du vivre. Une enfant prodige dont ont voulait faire d’elle une enfant parfaite alors que sa propre mère était tarée. Alors cette petite fille a commencé à se poser beaucoup de questions, et jouait du piano ou écrivait quand elle pleurait. Un jour elle a failli planter un couteau dans le cœur de sa mère pour se libérer. Fort heureusement, elle a plutôt décidé d’aller vivre avec un inconnu, son père. Car le pire dans toute cette histoire, c’est que tous les gens autour d’elle savaient, personne n’a rien fait pour elle.
La petite fille fermait sa gueule et hurlait en silence pianissimo.
Le jour de mon départ, ma mère a tué mes chats, vendu mon piano et brûlé les photos de mon enfance.
Depuis, je ne lui ai plus parlé.
[...]
N’ayons pas peur des mots. Je suis sous une ouate psychotrope depuis que j’ai voulu encore à nouveau dormir éternellement il n’y a pas si longtemps que cela. C’était il y a moins d’une semaine, lorsque le dernier homme qui m’a blessée a reçu des coups de ma part. J’étais devenu ma propre mère, avec sa violence, mais aussi la petite fille qui se sentait abandonnée à nouveau – et qui ressent encore cet abandon aujourd’hui.
Alors oui, ce que j’écris, n’est plus aussi joli qu’avant. Des fautes d’orthographes me dit-on, un style bancal peut-être ? … Et je me sens seule…. Je dois faire gaffe à l’écriture.
Si elle, je l’abandonne, je suis perdue.
ET je serai encore plus seule… La solitude. Vous savez ?
La solitude. Même plus la solitude de l’écrivain, non, juste la solitude de Léo Ferré. Celle qui fait que mon moule n’est pas le même que le vôtre, tout simplement.
Ou alors, juste ….
"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."