Mon top 10 …

Beyound Therapy ?
Angoisse #1 :
Je suis belle.
De suite, on pense que je me la pète, malheureusement, non. C’est rare une fille qui ose dire qu’elle est « belle ». Moi je le sais, même si je ne pense pas correspondre à la norme actuelle. Je me considère comme « belle » parce que d’une façon totalement réaliste et cartésienne, je me fais souvent arrêter dans la rue, dans les bars, là où je vais, je plais…
Les mecs vont toujours dire » un trou c’est un trou « , on est d’accord. Sauf qu’avouez, il y a des trous que vous comblez sans trop vous forcer et des trous que vous remplissez uniquement après avoir bu quelques verres.
C’est très dur comme fardeau d’être « belle, charmante, mignonne, bonne, sexy ». Parce qu’on ne sait pas pourquoi un homme vient vers vous réellement… Ou alors on ne le sait que trop.
Ceci est une de mes premières angoisse : vais-je rester toute ma vie celle qu’on baise et non celle qu’on aime ? La pute ou la mama ?
Angoisse #2 :
Je suis sensiblement intelligente.
Très tôt on a cru que j’étais une enfant surdouée, simplement parce que je jouais du piano à l’oreille et que j’ai appris à lire toute seule. Mes parents ont tellement été méga fiers de moi qu’on ma foutue dans un centre de bêtes de foire précoce. Ma réaction a été de me battre avec les autres gamins et de montrer que j’étais une sauvage, pas une brave petite. Ce fut là que je rencontrais mon premier psy qui détectait un très fort quotient émotionnel et non intellectuel. C’est mon affect qui me pousse à connaître et/ou à agir. C’est parce que je suis » affectée » que je vais faire. Avec le temps, cela n’a pas changé, c’est même devenu pire.
Savoir que l’on est hyper-sensible et que c’est cette super sensibilité qui contrôle votre réflexion, c’est vraiment pas cool du tout. Parce que la vraie réflexion, la bonne, celle qui avance de façon pragmatique, elle est dénuée de sentiments. Ainsi, chaque jour, à chacune de mes actions, je dois VRAIMENT réfléchir. C’est un perpétuel brouhaha dans ma tête. J’en ai marre.
Angoisse #3 :
Je suis quelqu’un qui s’accepte.
J’ai grandis dans un milieu chaleureux. Mes parents se sont aimés comme savent si bien le faire les grands. J’ai vécu l’Indochine de l’intérieur. Mon père est un sale français qui pue des pieds qui a niqué ma mère. Ma mère est une sale asiatique vénale qui a profité de mon père. Je suis Eurasienne, tout va bien. Le Vietnam n’est pas une ancienne colonie française. Du tout du tout.
Ainsi, je suis quelqu’un de vachement équilibré qui accepte totalement son sang mélé. Hugh.
Angoisse #4 :
Je suis entourée.
Alors là, impossible de savoir si c’est moi qui suis partie ou si ce sont les autres qui ont voulu tourner la page et mettre un voile sur la vie maritale de l’Indochine… Entre ma mère à qui je ne parle plus, mon oncle qui m’appelle tous les six mois pour savoir si je suis toujours en vie ( pas plus de 7 secondes, parce que y a ses mioches qui chialent et qu’il doit raccrocher ), mon père qui est occupé à ratisser des feuilles mortes dans ses champs du Gers qui m’envoit sur ma boîte du taf ( copié-collé ) :
« Parait que tu as appelé hier soir, je dormais…
En attendant, du coup, avec un jour de retard, grosses bises pour ton quart de siècle…Je t’envoie un virement début semaine prochaine »
[ Ni plus-ni moins ] Vous noterez le sentimentalisme exacerbé qui transpire de ce mail. Et c’est chouettos, il raboule du fric.
Bref, je suis vachement entourée par l’Indochine.
Angoisse #5 :
Mon avenir est assuré.
La situation politique et sociale va de mieux en mieux dans mon pays. Je suis sûre et certaine de trouver du boulot demain. Surtout que je suis pile-poil dans la frange de la population qui ne connait pas le chomdu.
Angoise #6 :
Je fais rire.
Déjà petite, j’étais la petite clown de service au fond de la salle. Même quand j’étais hyper-sérieuse et que j’annonçais en CM1 que le cheval blanc d’Henry IV n’était pas obligatoirement blanc, parce qu’il pouvait très bien être un peu sale… On a ri. Ca aussi cela n’a pas changé avec le temps. Quand je chiale devant un pote toute bourrée parce que personne ne m’aime » Même mon chat » il rigole. Quand j’expose à mon psy que l’humanité est un immense miasme absurde où les gens tentent de se rassurer en opérant des rapports de forces entre dominants et dominés, que ce soit tant au niveau sexuel que politique, il rigole.
Angoisse #7 :
J’assume mon genre.
Je n’ai jamais cru que j’étais un garçon, voir même une fille. Je n’étais pas queer avant la mode. Même si on me mettait des fringues de mecs et qu’on me faisait porter le cheveux court. Et ce n’est pas grâce au porno du samedi soir que j’ai pigé que les hommes ça avait des carottes entre les jambes et que les femmes elles aiment ça, les carottes.
Angoisse #8 :
J’ai une hygiène de vie géniale.
Pas besoin de développer.
Angoisse #9 :
Je déteste les enfants.
Si sans déconner. J’en vois un chialer, je lui ris eu nez, hé ! Alors non, je ne fais pas partie de ces je-ne-sais-combien de femmes qui rêvent de faire des bébés. Et je n’ai jamais avorté de ma vie. Donc, jamais je ne pense aux anniversaires de foetus non-formés sans âme.
Angoisse #10 :
Vers l’infini et au-delà.
Dieu existe, la vie a un sens, les philosophes n’ont jamais ouvert leur gueule et l’art n’exprime pas ce questionnement universel du » à quoi qu’on sert « ?

Déjà à quatre ans





