Si les autres existent…. Si seulement.

Une pièce sale, un inconnu. Comment suis je arrivée là ?
L’alcool a effacé mes souvenirs.
Les quelques secondes de réalité s’écoulent au fur et a mesure que la cigarette se consume dans le cendrier.
Comment. Pourquoi ? A vrai dire, je m’en fous…Je le hais déjà.
J’attrape sa chemise, le pousse contre le lit miteux.
La seule lumière de la pièce vient de la lune. Le ciel. Ce ciel. Le même que lorsque nous…Foutaises.
On s’en tape. Fini. Terminé. Passé.
Ma jupe se fend au fil des mouvements. Il essaie d’agripper une jambe. La claque part toute seule. Ses doigts me dégoutent et tremblent sur sa ceinture. Ne me touche pas abrutis !
Son souffle me donne la nausée. Un miroir est placé face au lit…Le spectacle que j’observe me fait pitié.
Comme lui. Comme eux. Comme moi.
Son râle de plaisir sous mes reins me répulse. Je cale un oreiller sur son visage, sa face de con que je méprise…
Je méprise son être, son corps, son âme, ses proches, sa vie. Je me méprise.
Les gouttes de sueur viennent perler le bas de mon dos pour mourir sur les draps, il essaie de poser ses mains sur ma peau nue.Je lui griffe le bras. J’appuie sur l’oreiller et prie qu’il me haïsse.Je ne veux pas le voir. Je ne veux pas les voir….
Mon khôl coule sous mes larmes.La douleur dans le plaisir. La haine dans la perversion. Putains d’hommes ! L’abandon d’un chien que son maître attache à l’arbre, l’agonie qui le brûle doucement…
J’ai encore l’odeur des souvenirs, le goût de sa peau… Ferme la.
La fenêtre laisse un souffle frais passer à travers les rideaux. J’allume une cigarette.
Le ciel. Regarde l’allumette se consumer. À petits feux. Comme moi.
Nous aimons souffrir. L’homme naît en hurlant, il vit en hurlant, il meurt en silence et laisse les autres hurler.
Si les autres existent…. Si seulement.
Passé. Ne plus y penser. Mes yeux de non vie qui observent ce que je parvient à voir.
Le plafond tourne. Encore… Je me lève, regarde. Il dort.
Je n’ai plus d’âme, de corps , de vie. Qui est l’être à côté de moi. ?
Je me lève, regarde. Il dort.
[... ]
Ou plutôt, non. Il est mort …
Tu es mort.
Ma vie est un vide-poche, dans lequel tous les gens que je croise, pour un instant ou toute une vie, déposent un petit bout d’eux.


