Ne me quitte pas…
Assez paradoxalement, c’est la roue libre de reprendre conscience de moi-même. J’ai très peur d’emmerder mon entourage avec mes bavardages intempestifs, mes grands éclats de rires et mes nihilismes comparatifs nombrilistes.

Je deviens Fabrice Lucchini, lecteurs, quand je ne prends pas mon traitement. Je vais me lancer dans de grandes envolées pseudos-métamo-branletto-j’me touche et être capable de vous réciter des bribes de Socrate, Sénèque, Sartre, Musset … Sans que je puisse m’arrêter.
Je fais le show off, un peu comme si je retournai sur la propre scène de ma life.
Je loghorre à donf.
Puis il vous suffira, lecteurs, de me dire que je vous saoûle, pour que d’un coup, je me taise. Me replie sur moi. Culpabilise de ne pas vous avoir plu. Limite même, je pourrais me mettre à chialer et taper dans les murs.
Je mutiste à donf.
J’ai peur que vous ne quittiez mon théâtre. Et de me retrouver à nouveau seule.
[…]
Si un traitement a été mis en place, à la base, c’est pour réussir à me faire garder un certain équilibre entre ces deux stades. Je suis dysthimique, lecteurs.Mais cela ne vous parle pas si je balance ce mot scientifique.
Alors, je vais tenter de vous expliquer ce que c’est, avec des mots simples :
Je vais rire, parler, vous écouter, vous faire des câlins, être entière, honnête… Etre curieuse, vive, rapide. Je vais vouloir comprendre le monde, apprendre le plus de choses sans arrières pensées… Mais je peux aussi être très lourde, pataude, gaffeuse et incroyablement …
Sans mes médicaments, je redeviens une toute petite fille.
Oui, c’est cela même que je redeviens.
Une toute petite fille.
Je redeviens Naïve.
Si je prenais autant de cachetons, c’était uniquement pour me former une carapace. Car comme tous les enfants, je peux être incroyablement fragile. Alors, oui, me défoncer la tronche me permettait de devenir selfish, de ne pas faire attention au monde autour de moi, de couper court aux relations que je jugeais dangereuses. Me défoncer la gueule me permettais de me contenir dans ma véritable nature de fillette qui fait trop confiance à la vie.
Car il est une chose dont je suis certaine, en plein milieu de mon troupeau de démons personnels, se trouve le boss, le HRBP – Human Resources Business Partner, you know ? – le Big Boss de tous les démons : la peur de l’abandon.
Je ne sais pas si je fais bien de ne plus rien prendre du jour au lendemain et d’avoir balancé aux chiottes toutes mes boîtes à chaussures qui étaient remplies de médocs.
Parce que je vais vous annoncer une chose, lecteurs.
Une seule chose : il suffira juste … Juste.
D’une chose qui peut vous sembler tellement mielleuse et ridicule, adultes que nous sommes, plongés au milieu de ce monde hideux où les rapports humains ne sont dictés que par des rapports de force.
Mais croyez-moi quand je vous l’affirme, c’est tout con.
- You know, I’m sure that I shouldn’t do that now… I’m afraid.
- You’re afraid of your life, Elisabeth. You don’t need someone.
- I need to be loved… Just one time. I need to be loved by someone. And even God is a bastard. He has abandonned my childhood and made me growing up so fast , understanding the world… Made me becoming a writter when I was this little child under the beating of my own mother … So please. Understand it : I need to be love. Just one time.
[youtube=http://www.youtube.com/watch?v=DXQkplGz05c]




