L’homme est condamné à être libre [ The Omen ? ]
Il ne saurait être tantôt libre, tantôt esclave. Ce que Sartre exprime sous cette formule : « L’homme est condamné à être libre. » Si l’homme est celui qui se fait, ce projet réalise pas dans l’intimité douillette d’un ego refermé sur lui-même, mais ne peut se réaliser que dans son rapport au monde et à autrui. L’homme est « en situation ». C’est-à-dire qu’il est « conditionné par sa classe », « son salaire », « la nature de son travail », conditionné jusqu’à ses sentiments et ses pensées. Mais si l’homme ne peut pas choisir sa classe sociale, il peut se choisir lui-même dans sa « manière d’être ». Sartre lui-même reconnaît en 1940 qu’il est « le produit monstrueux du capitalisme, du parlementarisme, de la centralisation et du fonctionnalisme », mais c’est à partir de cette situation familiale qui l’a constitué qu’il entreprend de se « personnaliser ». D’où la formule : « L’important n’est pas ce qu’on a fait de nous, mais ce que nous faisons nous-mêmes de ce qu’on a fait de nous. » La situation n’est pas quelque chose qui limite la liberté elle est ce à partir d’où commence la liberté.



