Pretty[like]Drugs
J’ai vécu la folie. Pure, complètement artificielle. J’ai fait un écart. J’ai rêvé, j’ai nagé dans un bain bouillonnant. Depuis, une certaine angoisse me tenaille, me noue le ventre, m’absorbe, et je ne peux penser à autre chose. Je suis devenue un objet. Ce changement soudain… Dépendance, appartenance irréversible. Je ne trouve plus les mots. Je suis sujette aux plus grands étourdissements… C’est désagréable, mais j’aime. J’aime ne plus pouvoir me contrôler, que les évènements prennent les décisions à ma place. J’aime les circonstances où le flou prend le dessus. J’aime qu’il me berce, et m’emporte, pour ressentir le folie, encore et encore. Ne plus être maître de soi-même, ça a un côté envoutant, dangereux, excitant, existentiel, et inhabituel. On n’atteint ce sommet que si on le désire, que si on ne fait confiance à rien, où plutôt si on fait confiance à tout le monde sauf à soi-même. Qu’ils prennent le contrôle, moi je pourrais lire en eux, m’en imprégner, sentir jusqu’où peut aller leur folie, s’ils peuvent suivre la mienne. A la limite de l’inconscience, mais toujours consciente. J’épouserai celui qui me fera concurrence. J’attends la folie qui saura m’intriguer, m’épouvanter, me séduire, me surpasser. Je veux être admiratrice, entraînée par le sommet de la folie.




