27th 06 - 2009 | 3 comments »

Michael Jackson est mort. What else ?

Depuis hier j’observe avec énormément d’intérêt le déchainement médiatique et trouve pathétique tous ces gens qui chouinent sans même l’avoir connu. Ça fait – normalement – jamais plaisir d’apprendre la mort de quelqu’un, mais bon de là à se jeter par terre et se flageller, je trouve que c’est quand même un peu trop m’aâme Michu.

Michael Jackson symbolise pour moi un cas humain extrêmement intéressant. L’exemple même de la beauté de la souffrance créatrice, la transformation d’un mal être sur scène, le travail que cela demande aussi … Voilà la forme artistique la plus aboutie des plus grosses défaillances psychologiques d’un homme. Un peu comme Elvis en somme.

[... ]

Well, je salue quand même l’artiste.
J’apprécie – oui, assumons – quelques uns de ses titres …
Et faut quand même avouer que c’était un fieffé show-man.

Néanmoins, comptez pas sur moi pour verser ma larme.
Je suis bien trop nombriliste.

… Et comme je le disais hier à mon coiffeur :

- Vaut mieux qu’il crève maintenant, il était foutu le pauvre…
- Rhooooooooo T’es vache ma chérie !
- Bah quoi ? On achève bien les chevaux tu sais … Le pauvre, il souffrait.
- Hinhinhin .. Langue de vipère ! « 

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24th 06 - 2009 | 1 comment »

Everything’s so blurry… And everyone's so fake …

ASIA4

And everybody’s empty
And everything is so messed up

[... ]

Si certains veulent être égoïstes, ils ont peut-être raison. L’égoïsme est une preuve de jemenfoutisme le plus total. Si certains s’en foutent à ce point, c’est peut-être parce qu’ils ont réellement pris conscience de leur mortalité absolue.
Les autres connaissent la chanson: « on meurt tous un jour », savent qu’elle est totalement vraie, ont assistés à des enterrements, et pourtant continuent de l’ignorer. Ils s’en foutent eux aussi. Leur différence avec le premier groupe constituant ce monde: ils ne sont pas égoïstes, eux. Ils font comme s’ils profitaient de la vie, ne perdent pas une miette de leur précieux temps sur Terre. Ils croient apporter beaucoup aux gens autour d’eux, se dessinent un sourire sur le visage pour paraître de bonne humeur. Le travail leur paraît totalement normal, ils suivent le troupeau, essaient de vivre dans le meilleur des mondes, comme tout le monde. De temps en temps ils vont consulter un psy qui soi-disant les aiderait à les remettre d’aplomb. C’est parce que c’est fortement recommandé. Ce groupe d’individus étant le plus peuplé, il donne l’impression que toutes ces âmes vivent leur vie en oubliant cette mort qui les attend peut-être au coin de la rue.
Et pourtant, ce sont ces personnes qui la craignent le plus. Ils s’en rendent compte un beau jour, lorsqu’ils se découvrent un premier cheveux blanc. [Qu'ils arrachent généralement]. Eux qui avaient vécus les quarante premières années de leur vies ingurgitant chaque innovation, chaque nouveauté, se familiarisant avec le progrès, profitant de chaque instant, se retrouvaient soudainement confronter à cette réalité qu’ils niaient depuis longtemps mais qui leur pendait au bout du nez: la vieillesse. Ils essaient même d’exterminer un deuxième cheveux blanc éventuel.

Le premier groupe cité plus haut, lui, s’en fout de la vieillesse. Se concentrer sur son nombril pendant des années n’est pas de tout repos, au bout d’un moment les cheveux blancs ne se comptent plus. Certains, déjà vieux avant de naître, ne se sont pas sentis différents ce fameux matin devant le miroir.
Tout ça pour dire que le groupe des « égoïstes » se coupe de la première phase de la vie [Leur égoïsme passe avant tout]. En revanche, lui qui se fout de tout, se fout de la vieillesse. Il vit donc la deuxième partie de sa vie sans crainte, et finit par mourir, comme il le sait, tel chaque être sur cette planète. Ce type de personne se raccroche à un seul fil, le maillon d’une vie entière. Ce fil est une question: Pourquoi naître puisqu’il faut mourir ? Suivie de la seconde qui arrive inévitablement : Qu’avons nous apporté à la Terre depuis notre naissance à part la survie de l’espèce? Bref, la légère déception de toute une vie quand on ne sait pas ce qu’on fout ici.

Le deuxième groupe, celui qui aime la vie, ou du moins celui qui fait semblant de l’aimer, va connaître le contraire, ça va de soi. Le premier épisode de sa vie va faire de lui quelqu’un de bien, de responsable, quelqu’un qui aime vivre, quelqu’un qui pleure, qui rit, qui travaille… Bref, quelqu’un qui exploite ses qualités, autres que celles qui servent à la digestion, au sommeil et à chier.
Les individus de ce groupe ont un point commun qui ne trompe pas, ils ont le même but: Celui de plaire, de faire toujours mieux et de s’améliorer dans tout ce qui leur tient à cœur. Ils naissent comme cela, et toute leur vie, ils vont se perfectionner et vont connaître la concurrence entre individus de leur espèce, à un moment ou à un autre.
Et c’est alors que lors de la découverte de leur premier cheveux blanc, un matin totalement normal où ils s’apprêtaient à user de leurs perfectionnements en tout genre, ils se trouvent soudainement rattrapés par leur vie entière.
A ce moment là précis, tout ce qu’ils croyaient maitriser depuis de nombreuses années n’existe plus.
Une chose inévitable les rattrape: la vieillesse.
Toute une partie de vie à se rendre invincible pour finir par découvrir cette maladie qu’ils avaient oublié et banalisé de leur esprit, cet avant goût de la mort.
A partir de l’épisode du premier cheveux blanc, le perfectionnement, la réussite, l’importance du travail laissent place à la déception. Une sorte de compte à rebours se met en place dans leur cerveau: la deuxième partie de la vie commence pour le groupe n°2. Évidemment, elle est moins belle que la première. Ils considèrent qu’il n’ont plus la vie devant eux. Ils sentent l’écart se former entre la jeunesse actuelle et eux. Ils ne sont plus les rois, l’économie future de leur pays n’est plus entre leurs mains, on ne compte plus sur eux.

Un jour ils meurent, toute la petite famille assiste à leur enterrement, la larme  à l’oeil comme il se doit. Et puis les générations futures connaissent ensuite le même cycle [ n'oublions pas que la survie de l'espèce est en jeu].

Well… La vie est excitante.


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19th 06 - 2009 | 1 comment »

Là, la cocotte minute explose

AdjaniAvec mon oncle, nous avons toujours eu une relation très particulière.
Mon oncle, c’est le frère de ma mère. Il est à moitié vietnamien et à moitié chinois… Pour être plus concise, je devrais même plutôt dire que c’est le « demi-frère  » de ma mère. C’est par hasard que j’ai appris qu’ils n’avaient pas eu le même père au pays.

Ma grand-mère maternelle, je l’ai connu pendant près de 10 ans. Ma grand-mère, Chin Mui, faisait partie de cette génération d’immigrés, qui ne savait pas écrire ni correctement parler le français. Elle gardait un amour inconditionnel de la Vache qui rit – signe de richesse dans l’ancienne colonie française – et jouait énormément aux jeux. Je me souviens de nos promenades quand j’étais petite dans les parcs. Toujours avant, elle m’emmenait jouer au tiercé dans les salles enfumées des fumeurs de gitanes, avec sa petite tête et son fichu sur la tête.
C’était une femme fragilisée par la guerre, séparée de ses frères et soeurs , famille … Partout dans le monde.  Elle a grandie dans un petit village dans les montagnes à la frontière chinoise au nord Viêt Nam, un endroit magnifique où je suis allée pour son enterrement. Elle avait eu la chance – ou la malchance – de faire partie d’une famille propriétaire terrienne très respectée et a du voir des membres de sa famille tués en exemple par l’armée populaire vietnamienne.
Je me demande comment elle aurait vécu mon petit passage à vide anarcho-communiste si elle avait été vivante. Je l’avais vu pleurer devant Robert Hue aux infos. Je ne comprenais pas comment elle pouvait avoir peur d’un type qu’on caricaturait en nain de jardin aux Guignols de l’info.
Elle était très loin d’être pafaite, mais par respect pour son âme, je ne dépeindrais pas une peinture négative de sa personne. C’est seulement aujourd’hui, que je commence un peu à comprendre ce qu’elle a du vivre.

Pendant près de 10 ans, j’ai donc grandie avec ma mère, mon oncle et ma grand-mère dans une Citée militaire de la banlieue. Réfugiée politique,  Chin Mui a travaillé dans l’armée française.
Ma mère et ma grand-mère ne s’entendaient pas. Trop de rancoeurs, de nons-dits, de jalousie. [ Je ne vais pas développer le sujet de ma daronne, une autre fois peut-être. ]
Je me souviens de grosses crises en vietnamien entre elles, et des planques dans ma chambre avec mon tonton et son walkman.

[ ... ]

Mon tonton, il a été mon père de substitut.
Nous avions 18 ans de différence d’âge et il était venu vivre une année chez mon père et ma mère. Il me connaissait bien et devait se rendre compte que mon univers quotidien de gamine eurasienne qui a vu ses parent lui annoncer qu’ils divorçaient le jour de mes quatre ans – face à mon putain de gâteau au chocolat, mon père à gauche, ma mère à droite, même que ça troue le cul de mon daron quand je lui donne les détails - ça devait pas être drôle.
Il devait aussi se rendre compte que je ne me sentais ni française, ni vietnamienne. Lui aussi d’ailleurs, étant arrivé en France adolescent, devait quasimment ressentir la même chose que moi. Il faisait la fête avec ses potes, faisait au taquet de sport, et m’emmenait avec lui aux compétitions qu’il faisait.
Il est même venu le jour où j’ai terminé seconde au judo et troisième au ping pong. Alors que mon propre père était pas là, ni ma mère.
Oui, on peut dire que j’ai fais mon oedipe sur lui. Il n’était pas parfait, très loin de là, mais il m’emmenait loin de mon univers glauque.

Est arrivé le moment où il a rencontré sa copine de l’époque et est parti de la maison. De suite, c’était moins rigolo. Il venait quand même souvent nous voir, tant que ma grand-mère était vivante. Quand celle-ci fut morte, il continuait de venir nous voir, ma mère et moi.
Je venais d’atteindre l’âge de raison comme on dit. C’est là que j’ai commencé à rendre les coups de ma mère et à lui dire exactement les même choses qu’elle. On se foutait sur la gueule. Réellement. Et mon oncle savait tout. Depuis longtemps.
Un soir, je lui avais laissé un message sur son répondeur, en véritable crise de nerf, disant que j’allais faire une connerie, ou quelque chose dans ce style.
Ce fut enfin ce jour là qu’il a pigé que ça allait finir en crime passionnel.
C’est lui qui m’a dit de bouger chez mon père. S’il n’avait pas été là, s’il n’avait rien dit, je pense réellement que j’aurai planté un couteau dans le coeur de ma mère pendant son sommeil.

[ ... ]

Les années sont passées.
J’ai toujours cette chape de plombs sur l’histoire de ma famille – ou mes familles même pouvons-nous dire.
J’ai terminé de grandir avec mon père en suivant diverses psychothérapies / hospitalisations / Défonces de gueule/ Acceptation-refus. Lui aussi il est pas parfait. Pire encore, il a récupéré l’enfant sauvage que je suis devenue à force de me prendre des coups.
Il a mal réagit, peut-être, à une certaine époque. Avec le temps, je me construis, ou plutôt reconstruis. On a dignostiqué de la dysthymie. Aujourd’hui, je suis toujours sous traitement et vais faire rire mon psy à causer de mes trépidantes aventures actuelles.
Bien souvent, quand je rencontre quelqu’un avec qui j’entretiens un rapport de confiance, je ne cache pas que je suis malade et que j’ai des cocktails de cachetons à prendre sous peine de devenir insomniaque et de souffrir de mes montagnes de ressenties. On y croit pas.
Quand je suis heureuse, ça se voit. Quand je suis triste, putain, ça se voit aussi. Et je peux vraiment être très très très triste. Et je me planque.

[ ... ]

Well. Je ne sais même pas pourquoi j’ai écris tout ça. Je voulais juste dire que mon oncle m’a téléphonée comme d’habitude, tous les 6 mois.
Parce qu’avec les années, son mariage avec sa femme que j’adore, ses enfants, son pavillon en banlieue et ses barbecues avec ses potes, il est devenu l’ Omer Simpson bridé.
Et moi, j’aime pas voir mon Bruce Lee tonton adoré devenir beauf.

Je garde quand même contact, et hier on a parlé plus que d’habitude. Il a encore du mal a accepter que sa nièce a une vie sexuelle, ce qui m’amuse follement. Ne pas lui parler des homos. Toussa.
Puis il me l’annonce. Normal. Il savait pas comment entamer le sujet.
Il y a eu un décès dans la famille de sa femme. Sa grand-mère, que je connaissais bien. Elle perdait la boule, mais je la trouvais drôle. Une tatie Danielle un peu en force, mais en moins perverse. Il y avait un moment où je la voyais beaucoup. Puis la vie a fait …
Bref.
Ils l’ont cramé et foutu dans une urne viteuf.
Et on m’a rien dit. On a pas considéré que j’aimais cette femme, même si c’était pas ma vraie famille. Je trouve cette attitude conne.

[ ... ]

Ce matin, dans le métro, j’envoyais ce texto à mon oncle :

« Même si je lui parle plus tant qu’elle ne se fera pas soigner, si un jour ma mère a un accident tu m’appelles de suite. Pas la peine de te dire que je m’en fous, je m’en fous pas. J’attends juste d’être très stable et entourée avant de retourner la voir. Bonne journée. »

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"Tous les hommes sont menteurs, inconstants, faux, bavards, hypocrites, orgueilleux et lâches, méprisables et sensuels; toutes les femmes sont perfides, artificieuses, vaniteuses, curieuses et dépravées; le monde n'est qu'un égout sans fond où les phoques les plus informes rampent et se tordent sur des montagnes de fange; mais il y a au monde une chose sainte et sublime, c'est l'union de deux de ces êtres si imparfaits et si affreux. On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière, et on se dit: J'ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois; mais j'ai aimé. C'est moi qui ai vécu, et non pas un être factice crée par mon orgueil et mon ennui."

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